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L'association ASCBC a pour objet de regrouper les Centres de Bilans de Compétences, développer, promouvoir et défendre la profession. Etre un relais entre les centres de bilans de compétences et les différentes instances publiques.

                                       Levallois, le 16 mars 2018

Madame La Ministre,

Nous avons pris connaissance avec grande attention de votre projet de réforme de la formation professionnelle du 5 mars 2018 et du projet d’ANI des partenaires sociaux du 22 février dernier et nous nous interrogeons : Quelle est la place du Bilan de Compétences dans cette nouvelle réforme ? Et quelle sera la place des praticiens de Bilans de Compétences par rapport au Conseil en Evolution Professionnelle ? Pas une seule fois dans le projet de réforme n’est cité le terme Bilan de Compétences !

L’ASCBC, qui vous a déjà écrit en octobre 2017 pour vous alerter sur la situation des centres de bilans de compétences privés, souhaite attirer votre attention sur plusieurs points qui semblent écarter le Bilan de Compétences de l’accompagnement des salariés et des demandeurs d’emploi, alors que depuis 27 ans maintenant, il a permis à des milliers de bénéficiaires, salariés ou demandeurs d’emploi, d’évaluer leurs compétences, de définir un projet professionnel, un plan d’action adapté et si nécessaire un projet de formation, avec un très fort taux de satisfaction.

 

- Nouveau Conseil en Evolution Professionnelle : « Sur l’ensemble du territoire, un Conseil en Evolution Professionnelle gratuit sera mis en place pour accompagner les salariés dans leurs projets d’évolution professionnelle. Le deuxième niveau d’accompagnement permettra de définir, construire et formaliser avec le salarié son projet professionnel y compris en terme d’ingénierie (évolution professionnelle, reconversion, mobilité professionnelle,…) »

C’est-à-dire le métier des centres de Bilan de Compétences !

Unappecandidaturesrégionales sera effectuéauniveaudechaquerégionpourrecueillirlescandidatureset accorder lhabilitationpourcinqans àunouplusieursopérateurs de Conseil en Evolution Professionnelle.

Les centres de Bilans de Compétences pourront-ils répondre à cet appel d’offre ?

-   CPF de transition professionnelle qui remplacera le Congé Individuel de Formation : les salariés qui ont un projet de formation longue mais qui ne disposent pas de crédits suffisants sur leur CPF pour le financer, pourront voir leur compte abonder après validation d’une commission paritaire.

Ce projet sera précédé obligatoirement d’une prestation de positionnement personnalisé qui informera, orientera, aidera le salarié à formaliser son projet et à le mettre en œuvre et permettra d’adapter la durée de la formation à ses besoins.

Mais cette prestation de positionnement personnalisé sera réalisée par un organisme habilité au titre du CEP ! Pourquoi demander à un salarié qui aura déjà validé son projet avec son centre de Bilans de Compétences, de le faire de nouveau valider par un opérateur de CEP pour avoir droit à un financement de son congé de transition professionnelle ? N’est-ce pas décrédibiliser le Bilan de Compétences ?

- Le Compte Personnel de Formation sera crédité en euros et non plus en heures : tous les salariés verront leur CPF crédité de 500 euros par an.

Depuis janvier 2017, date à laquelle le Bilan de Compétences a été de nouveau finançable par le CPF, il suffisait à un salarié de disposer de 24 heures sur son compte pour mettre en œuvre un Bilan de Compétences, ce qui a permis d’ouvrir le Bilan de Compétences à des publics qui n’y avaient pas accès jusque-là. Il faudra maintenant au moins 4 ans au lieu d’un an pour pouvoir financer un Bilan de Compétences, si on considère un financement juste du Bilan de Compétences à, au moins, 2000 euros.  

- Financement du Bilan de Compétences : les partenaires sociaux, dans leur projet d’ANI du 22 février dernier, indiquent qu’ils valident les travaux qui viennent d’être menés par le COPANEF sur l’évolution du Bilan de Compétences. Mais qu’en est-il du prix du Bilan de Compétences qui ne fait pas l’objet d’un consensus ?

Notre association a d’ailleurs lancé une pétition sur ce sujet qui a recueilli plus de 900 signatures :

https://www.change.org/p/ascbc-association-syndicale-des-centres-de-bilans-de-compétences-non-à-la-disparition-des-centres-de-bilans-de-compétences-privés

- Réforme de l’assurance chômage : les salariés démissionnaires auront droit à une indemnisation par les Assedic à condition d’avoir une expérience professionnelle d’au moins 7 ans et d’avoir un projet réel et sérieux.

Là encore, les centres de Bilans de Compétences sont écartés puisque la validation du projet sera assurée par un organisme habilité au titre du CEP !

- Certification obligatoire : Les centres de Bilans de Compétences qui ont déjà dû investir temps et argent pour Datadock devront être, en plus, certifiés par l’Agence Nationale France Compétences, contrairement à ce qui avait été proposé par la réforme de la qualité de 2015, qui laissait le choix aux centres de demander une certification ou pas. Cette certification va entrainer à nouveau un coût, lourd à supporter pour de petites structures.

Notre association se demande donc pourquoi, au lieu de s’appuyer sur l’expertise et le professionnalisme des centres de Bilans de Compétences, ceux-ci sont tenus à l’écart et conduits peu à peu à une disparition certaine.

Nous demandons à ce que les centres de Bilans de Compétences soient reconnus comme acteurs à part entière de l’accompagnement des salariés et des demandeurs d’emploi, ce qui est leur mission depuis 1991, inscrite dans le code du travail.

Nous souhaiterions vivement vous rencontrer pour obtenir des réponses à nos questions et nous vous remercions de l’attention que vous porterez à notre demande.

Nous vous prions de croire, Madame La Ministre, à l’assurance de notre profond respect.

Brigitte BILLAUD

Présidente ASCBC (Association Syndicale des Centres de Bilans de Compétences)